Benoît NOËL et ses amis

Manet comme Courbet : Caroline Houssais et Robert McDonald Parker (2011)
février 1, 2016 damir

Manet comme Courbet

Texte initialement paru sur la page Facebook des Éditions BVR, le 14 juillet 2011.

Peu d’exégètes ont noté la présence du corbeau d’Edgar Poe auprès de Charles Baudelaire dans la toile l’Atelier de Gustave Courbet (1855) que j’admirais il y a peu avec Robert MacDonald Parker au Musée d’Orsay. J’y étais à nouveau, l’autre soir, en compagnie de Caroline Houssais qui s’extasia devant l’oiseau de paradis dominant le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet (1863), vertigineuse ode à la sensualité. L’oiseau de feu constitue la pointe extrême du gigantesque triangle virtuel qui structure cette toile, primitivement nommée le Bain. Las, le magicien Manet a voulu qu’il ne soit perceptible qu’aux spectateurs attentifs. Mieux, il a totalement estompé le véritable point de fuite de ce sous-bois : le frottis derrière la femme qui caresse l’eau, au profit d’un pseudo – mais ô combien plus avantageux – point de fuite sur la main de cette baigneuse étreignant sa chemise, et ce faisant, son pubis. Les autres protagonistes ne sont pas avares en jeux de mains et d’orteils frissonnants suggestifs. Enfin, si Édouard Manet a sciemment omis de dessiner aréole et téton de sa chère Victorine Meurent, il n’a pas oublié de glisser une grenouille rieuse dans le coin gauche de son enchanteresse Cythère. Elle se gondole toujours des plaisirs encore inconnus d’un dense quatuor…

© Benoît Noël

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