Livres

L’histoire du cinéma couleur
janvier 23, 2016 damir

L’histoire du cinéma couleur

Press’Communication – 1995
272 pages – 250 illustrations couleur
30 Euros
Disponible aux Éditions BVR

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Ce livre se propose de célébrer en beauté, le premier siècle du cinéma, vu sous un de ses aspects les plus attrayants : la couleur, seconde révolution du 7ème Art après le parlant. En effet, dépourvu de palette chromatique à sa naissance, le cinéma n’a eu de cesse de remédier à cette carence, à travers l’enluminure au pinceau, au pochoir rapidement mécanisé, au virage, teintage ou mordançage et à la poursuite des procédés techniques les plus divers, additifs ou soustractifs, bichromes et trichromes (Agfacolor, Eastmancolor, Sovcolor, Technicolor, Zoechrome…) Puis lorsque la couleur s’est définitivement imposée, le noir et blanc est redevenu à la mode auprès des cinéphiles avant que la génération née avec la télévision ne lui préfère le coloriage numérique.

L’enjeu de cette étude voué au rêve est de participer modestement à une pédagogie de l’image sans laquelle notre génération sera incapable d’affronter la culture cybernétique de demain. Face à l’actualité galopante, qui distingue aujourd’hui un film cryptochrome (JOUR DE FETE de Jacques Tati tourné en couleurs en 1947 mais seulement tiré ainsi en 1994) d’un film colorié grâce à l’informatique (LES ENFANTS DU PARADIS de Marcel Carné réalisé en 1945 en noir et blanc au grand dam de son auteur) ou d’un film restauré (LE CARROSSE D’OR de Jean Renoir, film de 1953 menacé de perdre ses couleurs)? Pourquoi Nicéphore Niepce désirait-il mettre au point la photo en couleurs et Henri Cartier-Bresson la rejette-t-il? Pourquoi Saint Bernard et L’Abbé Suger s’affrontaient-ils, eux aussi, sur la décoration polychrome des églises? Autant de questions qui appellent un éclairage simple dans un langage accessible à tous pour mettre en perspective, les nouvelles technologies à notre porte…

Les objectifs de cette recherche sont de rappeler l’importance de la couleur à l’écran depuis les origines du cinéma, de retracer les étapes principales de ses progrès techniques et d’analyser les débats suscités par la généralisation des procédés soustractifs trichromes à partir du milieu des années trente. Ce faisant, le but est de réévaluer l’apport esthétique de la couleur cinématographique, son intérêt quant à la définition des personnages, son poids vis-à-vis de la narration des films et ses richesses de symbole, sans volonté de dénigrer le noir et blanc comme il va de soi.

Toutefois il convient de reconsidérer ces rôles en France, pays où nul livre de synthèse n’a jamais fait le point sur la révolution induite par la couleur lorsque de nombreux autres ont été consacrés à celle du parlant. Cette étude se propose donc de commencer, modestement, à combler cette lacune.

En deux mots, la couleur est, comme le son, fascinante lorsqu’elle ne semble plus contingente mais posséder une vie autonome : quand les reflets nocturnes des lumières de la ville transforment un pare-brise en un réjouissant flipper ou lorsque le sifflement d’un train dans le lointain suggère la vie qui s’écoule aussi en dehors de l’histoire proprement dite. C’est pourquoi la couleur cinématographique doit être considérée comme une forme dotée d’un contenu et régie par une dynamique, le tout dans un rapport dialectique.

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