Revues et Actes de Colloques

Lettres Comtoises (2005)
janvier 30, 2016 damir

Association du Livre et des Auteurs Comtois

A.L.A.C
Éditrice de la Revue Lettres comtoises
Centre Pierre Mendès-France
25000 Besançon
France

Benoit Noël : Gustave Courbet, franc-maçon – linéaments d’une enquête, Lettres Comtoises, N°10, 2005.

L’intuition fulgurante fit nombre de jaloux. On jugea l’hypothèse séduisante mais la thèse insuffisamment fondée sur des documents établis. En réalité, Hélène Toussaint fit preuve, en 1977, dans le catalogue qu’elle consacra avec Marie-Thérèse de Forges à Gustave Courbet lors de l’exposition du centenaire au Grand Palais, d’un pragmatisme et d’un esprit d’observation et de synthèse exceptionnels. Nul saucissonnage de l’œuvre sous la plume d’Hélène Toussaint – déjà auteur dix ans auparavant du remarqué catalogue de l’exposition Théodore Rousseau du Musée du Louvre – mais une vue d’ensemble radicalement neuve. Nombre de toiles de Gustave Courbet (1819-1877) seraient à clés et traduiraient clairement sa nature foncièrement républicaine. Cerise sur le gâteau, sa célèbre toile manifeste L’Atelier du peintre (1855, Musée d’Orsay) ou plus complètement : Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique dévoilerait sa qualité de franc-maçon…

Benoit Noël : Jules Adler – L’œil d’Aigle, Lettres Comtoises, N°9, 2004.

Jules Adler (1865-1952) comme Émile Zola est un artiste engagé. C’est selon Joseph Uzanne (qui fait son portrait dans le recueil les Figures Contemporaines, édité par Angelo Mariani, le roi du Vin de Coca) le peintre des « humbles », des « déshérités » et des « malheureux ». En 1897, cet ancien élève d’Yvon aux Beaux-Arts de Paris s’est fait remarquer au Salon des Artistes Français avec les Las, œuvre inspirée d’un extrait de l’Assommoir, cité par l’artiste dans le catalogue du Salon : Ils marchaient sans un rire, sans une parole dite à un camarade, les joues terreuses, la face tendue vers Paris qui, un à un, les dévoraient. Le tableau acquis par l’Etat rejoignit les cimaises du Musée du Luxembourg et on peut l’admirer de nos jours au Musée d’Avignon. À partir de 1898, la maison d’Adler devint un repaire de Dreyfusards. La Mère – dénonciation sans pathos de l’alcoolisme rampant – est accrochée au Salon de 1899 puis à celui de 1900, J. Adler expose la Grève au Creusot, épisode tiré de scènes vécues sur place en compagnie de Théophile-Alexandre Steinlen…

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