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Les Coquelin, trois générations de comédiens
janvier 23, 2016 damir

Les Coquelin, trois générations de comédiens

Co-signé avec Francine Delacroix et Liliane Kalenitchenko
Société Historique de Rueil-Malmaison – 1998
6, rue Paul Vaillant-Couturier
92500 Rueil-Malmaison
Tél : 01 47 32 66 50
80 pages – 50 illustrations
15 Euros

 

Disponible aux Éditions BVR
Paiement par pp_logo_h_100x26 à : editions-bvr@orange.fr ou par chèque à : Éditions BVR – Lieu doré – 14140 Sainte-Marguerite-des-Loges. Frais d’envoi : 3,00 €. L’envoi du livre se fait dès réception du règlement.

Une condition essentielle signe la reconnaissance publique d’un génie artistique: sa vie et son art sont indissociables. Cela sous-entend deux choses: que l’homme soit à l’égal de l’artiste et ce dernier, un homme de cœur. Les frères Coquelin: Constant dit l’Aîné (1841-1909) et Ernest dit Cadet (1848-1909) débordent largement ce contrat. C’est pourquoi leur gloire fut immense. L’on peut sourire aujourd’hui de leur jeu « hénaurme ». On ne peut en rire. Que savons-nous au juste du théâtre de la seconde moitié du XIXème siècle? Le mythe de Sarah Bernhardt (1844-1923) semble avoir tout balayé sur son passage. Se souvient-on que Coquelin aîné fut adulé à son égal, dans le monde entier et qu’Henry James, le qualifia de « Balzac des acteurs »?

À l’heure, où nous rêvons aux cérémonies qui célèbreront notre passage dans un nouveau millénaire(*), il est bon de noter qu’en décembre 1899 et janvier 1900, à l’occasion des fêtes honorant la fin d’un simple siècle, tout New-York acclama durant deux mois Sarah et « Coq » dans l’Aiglon et dans Cyrano de Bergerac du même Edmond Rostand (1868-1918). C’était la première fois que Constant acceptait tenir le rôle mineur de Flambeau dans l’Aiglon, le vieux grognard de l’Empereur qu’il avait refusé de créer à Paris, au grand profit de Lucien Guitry et pour le remercier, Sarah jouait Roxane dans Cyrano, le temps de la tournée.

La même Sarah avait d’ailleurs dès le 9 octobre 1896, adressé une dédicace enflammée à Constant fort éloignée d’un billet de circonstance ou à charge de retour: -« À toi, mon cher Coquelin que j’aime depuis trente ans, avec tes colères, tes rages mais toujours une tendresse égale. A toi, mon cher grand artiste que j’ai admiré de suite au Conservatoire alors que je bégayais l’art dans lequel tu me semblais déjà supérieur quoique élève comme moi. A toi, de tout mon cœur! » Pour le nouvel an 1900, les étudiants détellèrent donc les voitures de Sarah et de Coq et les portèrent à bras le long de la Cinquième Avenue…

(*) Texte écrit en 1998.

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