Revues et Actes de Colloques

La Revue du cinéma, Cinématographe, Positif, L’Avant-Scène Cinéma
janvier 30, 2016 damir

La Revue du cinéma, Positif, Cinématographe, L’Avant-scène Cinéma

La Revue du cinéma, Michel Simon, Arielle Dombasle, Federico Fellini et les autres…
Florilège d’extraits d’articles écrits par Benoît Noël pour des revues de cinéma.

Subterfuge et subreptice – La couleur selon Eric Rohmer, Positif, N°375-6, mai 1992.
Premières lignes : Une remarquable continuité saute aux yeux entre les avis théoriques d’Eric Rohmer, essayiste, à l’égard de la couleur et l’importance qu’il lui accorde comme cinéaste. « Sa seule véritable obsession au sujet de l’image durant le tournage des Nuits de la pleine lune (1984) fut la qualité du rose du turban des cheveux de Pascale Ogier (*) » soupire Renato Berta,, son chef-opérateur pour ce film…
(*) Propos recueilli par B. Noël.

Les terrasses de l’Europe – 11èmes Rencontres avec le Cinéma Méditerranéen (Montpellier), La Revue du Cinéma, N°456, janvier 1990.
Extrait : Ricardo Freda, toujours très en verve à quatre-vingts ans et remonté contre les acteurs est venu dire haut et fort son étonnement que : « le plus grand des réalisateurs, John Ford, se soit appuyé sur le pire d’entre eux, John Wayne, pour bâtir son œuvre ». En privé (*), il confesse volontiers qu’en fait, il préfère Friedrich Wilhelm Murnau…
(*) Propos recueilli par B. Noël.

Peinture-cinéma-peinture – Compte-rendu de l’exposition homonyme du Musée de la Vieille-Charité à Marseille, La Revue du Cinéma, N°456, janvier 1990.
Extraits : Peinture-cinéma-peinture, le titre de l’exposition du Centre de la Vieille-Charité de Marseille résume habilement son dessein : restituer les échanges féconds et incessants entre les deux arts.[…]
Nous rappelons-nous encore des mythes glorieux du cinéma qui excitaient instantanément les pinceaux fébriles d’Yves Tanguy et de René Magritte lesquels fascinés par Fantômas, l’évoquent chacun dans leurs toiles en 1926 ? Pour le second, il était « l’homme du large » et il le résumait joliment : « La science de Fantômas est plus précieuse que la parole. On ne le devine pas et on ne peut douter de sa puissance. » Fernand Léger, pour sa part, fut littéralement possédé par Charlot. Il lui fait d’ailleurs présenter, en pantin désarticulé, son propre film d’avant-garde, Le ballet mécanique (1924) et il avouera par la suite qu’à cette époque, il avait bien failli lâcher sa palette pour enfourcher une caméra. En 1933, il se proposait encore de tourner ce script sibyllin : « La Joconde amoureuse de Charlot se suicide. Charlot s’en va. Charlot s’en fout. » Enfin, les artistes du pop art ont fait plus tard un sort à Mickey, tantôt bienveillants à son endroit, tantôt pas lorsqu’ils le prirent pour un suppôt de l’impérialisme américain…

L’œil interminable – Cinéma et Peinture (sur le livre homonyme de Jacques Aumont – Paris, Librairie Séguier), La Revue du Cinéma, N°452, septembre 1989.
Extraits : – « Faire un film » soulignait autrefois Roman Polanski, « c’est parfois s’échiner à peindre avec un pinceau de 18 mètres de long ! » L’auteur, ici, ne nous dit pas autre chose. […]
Autant la lecture de ce livre est complexe, autant sa conclusion est simple : le cinéma ne rencontre la peinture que dans leur recherche commune du temps perdu. […]
Jacques Aumont va plus loin et met en doute l’existence même de films à proprement parler expressionnistes ou surréalistes. À moins que le cinéma ne l’ait toujours été ou qu’il ait été davantage cubiste ou futuriste dans sa saisie du monde ? À vrai dire, nous ne saurions toujours donner raison à l’auteur. Joseph L. Mankiewicz vide le débat d’une toute autre façon : – « Dites-vous bien que la seule chose d’importance dans la mise en scène est le point de vue de la caméra sur l’objet à filmer et la distance qui les sépare. Tout le reste est littérature. (*) » Ce qui, dans sa bouche, ne manque pas d’humour.
(*) Propos recueilli par B. Noël au Festival de Deauville 1981.

Le Festival du Film noir et blanc des années 80 (Tours), La Revue du Cinéma, N° 450, juin 1989.

Forum euphorique – 10èmes Rencontres avec le Cinéma Méditerranéen (Montpellier), L’Avant-Scène Cinéma, N°377-378, janvier-février 1989.
Premières lignes : Ville phare du sud de la France, Montpellier ne se suffit plus de celle-ci, ni même de l’Europe et vise à étendre son aura culturelle à l’ensemble du bassin méditerranéen, à l’origine de sa prospérité. Sous le signe de l’ouverture, elle creuse son propre port et propose à douze nations en une salutaire initiative de dialoguer sur son sol, au sein de rencontres qui préfèrent l’échange à la compétition. Si les dernières productions albanaises ou syriennes déçoivent parfois, l’Algérie et la Yougoslavie se distinguent singulièrement aux côtés des cinématographies espagnole et italienne. Et s’il faut dégager une tendance de ce panorama, c’est probablement du côté de l’émergence d’une catégorie particulière du fantastique qu’il convient de la chercher : l’attention extrême prêtée aux fous portés à l’euphorie ou poussés à la démence…

Le choix transalpin – 10èmes Rencontres avec le Cinéma Méditerranéen (Montpellier), La Revue du Cinéma, N°445, janvier 1989.
Extrait : Giulietta Masina et Bernardino Zapponi notamment ont dressé un portrait coloré de Federico Fellini. Écoutons le second décrivant ses journées de rédaction d’un scénario auprès du maestro.- « Il adore se rendre à Ostie, la plage de Rome qu’il compare à Rimini, celle de son enfance, double offense à mon avis et pour la première et pour la seconde. Alors, nous passons la journée, hors saison, perdus dans des restaurants immenses, où l’on mange des infections »…

La portée créatrice de la couleur à l’écran, La Revue du Cinéma, N°444, décembre 1988.
Premières lignes : Le plus large public lui accorde ses suffrages. D’autres lui préfèrent ce bon vieux noir et blanc. Une minorité, enfin, lui est franchement hostile. La couleur divise. Pour François Truffaut, sa généralisation a fait régresser la qualité moyenne des images et tué une part de leur mystère. Toutefois, selon Billy Wilder, son apparition a modifié positivement l’écriture cinématographique et enrichi le choix des sujets…

Ciné-Sinophilie dans Aujourd’hui la Chine, N°49, mai-juin 1988.
Premières lignes : -« La Chine n’existe » écrit Pierre Lepape en 1979. – « C’est un réservoir d’images, terribles ou magnifiques, une auberge espagnole où chacun apporte sa conception du meilleur ou du pire des mondes ». C’est ce réservoir que se propose de scruter le cinéma…

Un écrin pour un écran – Les fresques en trompe l’œil de Marcel Schmidt au cinéma Les Trois Luxembourg – photographies de Véronique Herbaut, La Revue du Cinéma, N°438, mai 1988.

Le Vietnam : comment en sortir ?, La Revue du Cinéma, N°438, mai 1988.
Extraits : Bruce Springsteen et Chuck Norris y ont perdu leur frère, Errol Flynn son fils. Le Viêt-Nam fut une épopée lamentable. Peut-on en tirer de bons films ? En France, le public se montre las d’une avalanche de films sur le sujet mais l’Amérique, meurtrie dans sa chair, n’a visiblement pas tourné la page. Objet des fantasmes les plus divers, le Viêt-Nam ne cesse d’y être mis à toutes les sauces. Là, il dérange toujours et fascine encore ! Mieux, depuis le jack-pot de Platoon, ses Oscars et le succès de Full Metal Jacket, il n’a jamais été aussi à la mode. Autre raison à cela : l’honnêteté foncière de ces deux films qui ont rendu son honneur à l’Amérique et remis bien des pendules à l’heure, en l’amenant à une réévaluation plus juste du conflit ! Car enfin, Rambo n’a pas sauvé le pays même si la farce était payante ! Pas plus que le cœur des opérations au Viêt-Nam n’avait, en permanence, la belle allure de l’opéra épique conté par Coppola…

Le blues du taureau – Entretien avec Clémentine Célarié, Cinétoiles, N°2, avril 1988.
Extrait : – À présent, j’attends que l’on me propose d’autres rôles que d’éternelles nymphomanes. J’ai déjà donné dans 37.2°, le matin, et pourtant à la lecture du scénario, c’était plus une désespérée qu’une fille de ce genre…

Les cartes truquées – Entretien avec Anaïs Jeanneret, Cinétoiles, N°2, avril 1988.
Extrait : Je suis très redevable à Michel Deville d’avoir cassé mon image de mannequin dès Péril en la demeure, en m’enlaidissant un peu, sans maquillage, avec ces barrettes dans les cheveux, ce pauvre gilet gris et en me demandant de forcir légèrement. Je me suis laissé faire avec plaisir, même si j’étais assez immonde…

La langue s’allume – Entretien avec Julie Delpy, Cinétoiles, N°2, avril 1988.
Dernières lignes :
– Mademoiselle Julie, dites-vous toujours la vérité dans vos interviews ?
– Hum, à vous de voir. Peu importe, inventez mais surtout, ne me faites pas paraître plus gentille que je ne suis !

La Novice – Entretien avec Arielle Dombasle sur son second film en tant que réalisatrice, Clap-Magazine, N°35, septembre 1987.
Extraits :
-Seulement voilà, peut-on évoquer l’histoire d’un pareil film sans la déflorer ?
– Bon, écoute, il s’agit d’une aventure amoureuse, de Marseille au Mexique, avec beaucoup de suspense et pleine de machinations souterraines sur fond de sectes, de passions et de déchirements. C’est un film spectaculaire, traité dans le style d’une B.D de la grande époque avec pas moins de cent acteurs et autant de personnages pour lesquels on vibre et auxquels on s’attache, et qui ont tous une face noire et une autre, follement sympathique…
– Autrement dit ?
– Autrement dit, Élise que j’interprète, dépitée un beau jour que l’homme (Omar Sharif) avec lequel elle vit depuis huit ans, au Mexique, la traite toujours comme une enfant, fait ses valises pour l’Europe. Elle le quitte pour rentrer dans un couvent où elle devient novice, irrésistiblement fascinée par un mysticisme qui l’a fascinée au Mexique…. Le rôle d’Omar était pour Orson Welles, en fait, à qui je l’avais proposé, qui l’avait accepté en y apportant quelques retouches personnelles mais qui, hélas, est mort trop tôt ! Il me fallait quasiment un dieu pour jouer un dieu !

La quarantaine rugissante – Entretien avec Pierre Arditi, Clap-Magazine, N°35, septembre 1987.
Premières lignes : Jean-Pierre Mocky le compare à Dirk Bogarde. On ne lui connaît pas d’ennemis dans son métier. C’est sans doute pourquoi la profession l’a consacré par deux fois cette année en lui attribuant un César pour Mélo d’Alain Resnais et un Molière pour la Répétition ou l’amour puni de Jean Anouilh ; aujourd’hui ; très légèrement voûté, il se plaint d’avoir maigri mais n’en annonce pas moins sa participation à six films et à trois pièces de théâtre dans les prochains mois. Tandis que s’échelonnent, depuis le mois d’août et jusqu’à octobre, les sorties de la Petite allumeuse de Danielle Dubroux, d’Agent trouble de Jean-Pierre Mocky, de Poker de Catherine Corsini et de Flag de Jacques Santi, il déclare simplement : – « Je ne veux pas avoir une vie de vieux couple avec moi-même. » Venu du théâtre, il est l’invité permanent du cinéma français…

Paris by Night – Le troisième œil, roman-photo avec Claire Nebout, Jean Mêvel et Olivier Dazat et conçu avec Jean-Pierre Larcher, Murs, Murs, N°25, septembre 1987.
Vous est-il déjà arrivé, certains soirs sur les quais de respirer ce merveilleux parfum de la mer qui semble parfois remonter la Seine jusqu’à Paris et d’être aspiré dans l’unes de ces vagues qui bouleversent nos vies à tout jamais ?

Michel Simon, cet homme est-il dangereux ?, Clap-Magazine, N°34, août 1987.
Extrait : Geneviève Page évoque, émue, sa relation au comédien d’exception : – « Un acteur d’une singularité inouïe, follement déraisonnable, sans doute mon comédien favori et un ami, je crois pouvoir le dire. Peu avant sa mort, le magazine Lui l’avait questionné sur l’artiste qui le touchait le plus et il avait donné mon nom ce qui constitue le plus beau des prix que j’ai reçus. Il était irrésistible même si ses choix face à la vie étaient plutôt parcimonieux et ses humeurs violentes et négatives. Le metteur en scène de l’Étrange désir de M. Bard (1953), Geza Radvany, était franchement tyrannique, et Michel ne perdait pas une occasion de lui baver sur les rouleaux, ce qui mettait en joie le premier assistant. Tous les clashes tournaient en sa faveur. Il prenait son œil, se rebiffait et jubilait. Une nuit au Casino de Nice où j’étais fiévreuse et durant laquelle Radvany avait multiplié les prises puis exigeait enfin un son seul de moi à bout de force, Michel a pris les devants et effectué, en tapant du pied, le bruitage de moi au milieu de plusieurs danseuses : inoubliable. Je sortais tout juste du Conservatoire et il m’a prise sous son aile… »

L’Hamlet du Bronx – Entretien (*) avec Jean Carmet à propos de la sortie du film Miss Mona de Mehdi Charef, Cinématographe, N°126, janvier 1987.
Extrait : Jean Carmet est né sous le signe du taureau. Je le sais depuis hier, l’ayant surpris dans la lecture attentive de son horoscope : « Du bien-être à profusion entre le 22 et le 25 mais veillez à ménager la susceptibilité de votre partenaire. Une petite baisse de vitalité à partir du 21, et là, vous serez en superforme. »
– Alors, M. Carmet, le « soleil au beau fixe » ?
– Cela ne va pas mal, en ce moment. Dites-moi, vous n’êtes pas de ces maniaques qui ont reconstitué ma filmographie en consultant les fichiers de la Sécurité Sociale ? (il jette un coup d’oeil sur mes notes). Ah, la Stratégie du serpent, oh, superbe !
– C’est assez imprévisible, Jean Carmet, dans une série noire de William Irish ?
– Bien sûr, c’est l’esprit pervers d’Yves Boisset (**) qui désirait me faire jouer un séducteur mais il pensait que l’interprète idéal serait George Sanders, acteur anglais un peu aristocratique.
– Et homosexuel ?
– Comme moi mais l’homosexualité de Sanders (***) était acquise à la force des années tandis que, moi, je suis un homosexuel totalement instinctif…
(*) Dans Je suis le badaud de moi-même (Paris, Plon, 1999), on trouve cet aphorisme de J. Carmet : Si on commençait l’interview demain ? Parce qu’en vérité, ma carrière commence demain…
(**) On se reportera avec jubilation aux mémoires d’Yves Boisset (La vie est un choix, Paris, Plon, 2011) et plus spécialement au chapitre : Jean Carmet sur le pont de la rivière Kwaï.
(***) S’il vous reste du temps, lire : Mémoires d’une fripouille (Paris, P.U.F, 2004) aka Memoirs of a Professional Cad, 1960.

Charlotte For Ever – Sur le film de Serge Gainsbourg homonyme, Cinématographe, N°126, janvier 1987.
Extrait : Pas de demi-mesure, Charlotte For Ever est un film douloureux, triste à pleurer, scatologique, volontiers arrogant et souvent exhibitionniste, semblable à son principal artisan qui s’y donne, malgré tout, le beau rôle qui est sans doute le sien. C’est pourquoi, il est touchant de le voir apparaître dans le dos de tous ses personnages, soucieux que chacun prenne au mieux la place qu’il leur a impartie. Car cette mise en scène est opératoire. Tant qu’il possède la fulgurance des formules, Gainsbourg reste le maître du jeu. Il convient donc de ne pas se méprendre sur le compte de l’œuvre, poème incantatoire à une fille aînée et aimée. On est juste parfois un peu surpris par l’accumulation des formules magiques mais rarement inquiet des sorts jetés sur Charlotte. Certains déploreront les surenchères constantes de ce poète qui déclare ne s’intéresser qu ‘aux « oiseaux des ils et aux oiseaux des elles. ». D’autres aimeront ce faux coupable, reclus dans sa bibliothèque borgésienne, cadre du film. En butte au temps dont on en sait s’il « ordonne ces reliures cramoisies désordonnées par le présent » ou l’inverse ?

Le Festival de Belfort 1986, Cinématographe, N°126, janvier 1987.
Extrait : Manuel Sanchez [les Arcandiers] cache Manuel Poirier et un demi-autodidacte, un vrai. Appartement 62 révèle ce dernier, déjà auteur de deux courts-métrages sur des jeunes gens tout juste sortis de prison. Ici, le prétexte est autre. Dans un appartement anonyme, un couple se déchire tandis que le mouvement des trains, au dehors, indique l’écoulement du temps. Un contraste prenant s’établit alors entre le traitement minimaliste de la mise en scène et le jeu assez théâtral des acteurs et le film, entré de plain-pied dans l’émotion, assume les risques de ne pas peindre forcément des personnages sympathiques…

Picasso, un film – Critique du film homonyme de Didier Baussy, Cinématographe, N°124, novembre 1986.
Premières lignes : Il n’y a pas de repos pour les mythes. Tel Pablo Picasso, qui n’a pratiquement pas quitté l’actualité depuis sa mort, en 1973…

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